Juste un petit mot ...
Même dans une maison riche en traditions la vie quotidienne souffle un vent de renouveau.
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Il n'est pas dans mes intentions d'emmener le lecteur dans les arcanes de la politique, cette dernière se charge à souhait de modifier nos environnements, modes de vie, sérénité. Je laisse chacun libre de ses opinions et ne tente de convaincre, ici, personne. Depuis la fin de mon adolescence, nombreux furent mes parents et amis qui virent me dire : Tu devrais faire de la politique. Très égoïstement, j'ai répondu que cela ne m'intéressait pas, ma vie étant occupée 25 heures par jour, il n'y avait pas de place pour ce genre d'exercice. Plus tard vint l'âge d'autres raisons, et devant l'incroyable dispersion des énergies publiques, je me suis laissé convaincre. De tous ceux qui voulaient sans cesse s'occuper de moi, je trouvai que ce Duchâtelet, fils de facteur, énergique entrepreneur anversois, avait de l'idée, de bonnes idées, son bébé s'appelait VIVANT, je l'ai adopté… Quelques élections plus loin, je me suis rendu compte que je n'avais rien à faire dans le milieu politicien, endroit où l'on ne côtoie que l'inutile et l'utopie, quel politicien, soit-il de village, a les pieds sur terre ? Depuis le meilleur des mondes aménagé par Orwell quelques années plus tard - et mis en place par tant de dictateurs depuis, il y a les hommes de bonne volonté, les fourmis et les politiciens… J'ai la nette impression que les derniers souhaiteraient bien se débarrasser des premiers … |
Vivant, ce sont eux, c'est nous ...
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Vivant, c'est vous ...c'est nous ... |
Ils sont peut-être à votre disposition :
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Evolution : VIVANT VIVANTOPENVLD |
Explication |
Quelques lignes simples ...
Imaginons des extraterrestres venant faire un petit tour sur terre.
Que constateraient-ils ?
D’abord que les êtres humains font des prouesses techniques. Ils ont des ordinateurs qui calculent plus vite que l’éclair, ils envoient des satellites autour de la terre, ils communiquent à distance, sans fil, d’un bout à l’autre de la planète.
Ensuite, qu’ils peuvent produire en série et à très bon compte des voitures, des radios, des aliments, et qu’il suffit d’un quart de la population mondiale pour couvrir les besoins du reste du monde.
C’est pourquoi nos voyageurs de l’espace seraient très étonnés de l’organisation de la société dans un des pays les plus riches du monde, la Belgique.
En effet, le gouvernement de ce pays exige que tout citoyen aille travailler, ne fusse que pour gagner de quoi manger.
Plus étonnant encore, l’obligation du travail vaut aussi pour l’obtention du droit à l’assurance maladie invalidité ou à la pension.
Ils pourraient également douter du bien-fondé d’autres usages et règlements. Par exemple, qu’une femme qui a travaillé toute sa vie au foyer n’ait pas droit à la pension. Par contre, que si cette même femme épouse un homme âgé et titulaire d’une pension confortable, elle bénéficiera après son décès d’une pension plus importante qu’une femme qui a cotisé tout au long de sa vie professionnelle.
Une autre pratique qui ne manquerait pas de les étonner, est que le travail est défendu à certains, et que d’autres sont payés pour contrôler le respect de cette règle, alors que le travail semble revêtir une telle importance sur terre.
Et puis, il y a ceux qui travaillent loin de chez eux et qui doivent supporter des frais de déplacement, de garde d’enfants ou d’aide ménagère, s’ils veulent souffler un peu le soir. Tous frais déduits, il ne leur reste qu’à peine plus d’argent qu’à ceux qui ne travaillent pas.
Autre curiosité: tout le monde doit travailler le même nombre d’heures: 38 heures par semaine. La durée idéale du travail fait l’objet de nombreux débats.
Même la presse et la télé s’en mêlent.
Pourtant la nature humaine est telle que certains voudraient travailler plus que la moyenne et d’autres moins !
Sur base de quel principe peut-on imposer un même nombre d’heures de travail à chacun ? Et si quelqu’un se retrouve involontairement sans travail, il lui est interdit d’encore travailler sous peine de perdre son allocation de chômage.
Même aberration pour la pension de retraite : interdit d’encore travailler lorsque l’heure de cette retraite obligatoire a sonné.
Les Terriens passent beaucoup de temps à étudier - 20 ans en moyenne.
Ces études sont soigneusement orientées vers le travail. Et pourtant un étudiant sur quatre ne trouve pas d’emploi dans l’année qui suit la fin de ses études. Une situation qui se répète d'année en année.
La situation n’est pas moins étrange dans le secteur culturel. Au lieu de donner un revenu de survie à chaque artiste et le laisser librement développer sa créativité, toutes sortes de commissions politico-syndicales cherchent à faire le tri entre les artistes authentiques et les “charlatans”. Les pouvoirs publics achètent les oeuvres des uns, mais pas des autres. Certains gagnent bien leur vie et son exempts d’impôts, d’autres n’ont que de petits revenus.
Il y a des gens qui doivent travailler trois heures sur quatre pour les impôts (sans oublier de déduire la TVA de leurs revenus nets).
Même si un Belge veut faire soigner sa mère âgée, à domicile, par une infirmière, l’état est là pour prélever sa dîme qui revient à la moitié des frais encourus.
L’impôt est donc une affaire sérieuse.
Chaque année, les contribuables doivent rentrer leur déclaration fiscale. La notice d’explication de cette déclaration comporte quarante pages. Et malgré tout, quelques citoyens et sociétés parviennent à échapper à l’impôt grâce à certaines banques luxembourgeoises. Un phénomène sociologique qui ne manque pas d’intérêt !
L’irrationnel est omniprésent partout dans ce pays saugrenu. Par exemple:
des informaticiens qualifiés, bien payés, s’éreintent pendant leurs weekends à (mal) peindre leur maison, alors que leur contribution à la Sécu sert à financier l’allocation de chômage d’un jeune peintre qui ne trouve pas de travail.
D’autre part, bon nombre d’hommes de métier, peintres et autres, se cassent la tête pendant des heures et des heures à utiliser convenablement leur ordinateur, sans faire appel à un informaticien.
Heureusement, depuis peu un mouvement appelé Vivant, se propose de mettre un système d’organisation rationnel en place. Toute personne lucide ne peut qu’être séduite par son programme marqué par le bon sens.
Texte signé Duchatelet publié en 1998, ...
Quelques années plus tard, les choses n'ont pas changé malgré que l'Europe se formate, se police, tente de s'uniformiser en région fonctionnaire et que les étonnants constats ci-dessus soient légion et d'actualité partout dans cette Europe en devenir (dit-on)...
Les pages politiques de l'Univers illustré de Xian resteront donc bel et bien publiées sous la bannière des "Chimères".
Quelqu'un en ligne ?
Explication.
Le grand souci de Vivant au delà de la régulation globale des rapports humains est bien entendu la relation de l'homme et du travail.
On trouvera donc dans les chapitres "Vivant" de l'Univers illustré un grand nombre de réflexions concernant le "Travail".
En voici un exemple concernant le mot "travail" et le thème du revenu garanti :
La critique du travail aliéné reste indispensable pour améliorer les conditions de travail et les droits des travailleurs sans qu'on se croit obligé de glorifier le non-travail pour autant, encore moins la consommation de loisirs.
Le mot "travail" dans sa conception "actuelle" est récent, désignant une réalité apparue après le temps napoléonien : le travail salarié, celui qui ramène toutes les activités à une mesure unique, celle du temps de subordination.
Dès le néolithique, il a fallu gagner sa vie à la sueur de son front en abandonnant la vie de chasseur-cueilleur. Après le jardinage, les labours puis hélas , l'esclavage et le servage.
Depuis peu, les conditions de travail se sont considérablement améliorées jusqu'à pouvoir rendre le travail désirable.
Il est évident que nous devons manger, nous vêtir et créer notre habitat. Il y a aussi le besoin pour chacun de valoriser ses compétences, d'accéder à une reconnaissance sociale.
Ces actions définissent le "Travail" . La plupart d'entre nous souhaiteraient qu'en cas de tâche pénible, le voisin s'en charge, ça n'est ni humain ni réaliste, chacun d'entre nous doit prendre une part de devoirs individuels et collectifs.
Cela aurait sans doute fonctionné assez bien si chacun avait la même idée de la vie mais on ne peut être sage et intelligent dans un monde de bons de brutes et de truands.
Ce qu'il faut reconsidérer rapidement pour garder un niveau de vie convenable et intelligent est la relation "travail argent".
Ce qui tue l'homme n'est pas le vice permanent qu'il a en lui mais l'idée dévorante du pognon. Il faut organiser la vie sans salariat, donc sans esclavage, se donner les moyens de passer du travail forcé au travail choisi.
L'expérience "Vivant" en Belgique a présenté au monde politico-démocratique une idée de solution.
Elle est a reconstruire, elle est a repenser, mais c'est assurément une voie qui méritait d'être approfondie. Il fallait cependant dès le début en soustraire les intérêts financiers et politiques locaux, ce qui n'est pas simple à imaginer.
A l'opposé des illusions d'une production de biens utiles et nécessaires qui se ferait toute seule, il s'agit d'arriver à "produire la richesse autrement" en utilisant les ressources locales concrètement et donc en repensant le système côté production comme côté consommation. Y repenser sans émotion et sans parti pris et voir à adapter nos comportements sociaux sur le facteur humain intelligent et non sur nos préférences subjectives, nos croyances religieuses ou nos réactions émotionnelles primitives.
L'histoire de l'homme n'a jamais consisté en un chemin de pétales de roses aux senteurs féeriques où se réaliseraient tous nos désirs mais à prendre position entre les alternatives sociopolitiques et profiter des opportunités. La réponse aux questionnements n'est pas de tout reprendre à zéro.
Il s'agit, lorsque l'on veut modifier le cours des événements, de retrousser ses manches et non de modifier telle ou telle manière de dire les choses.
Il y a confusion entre les dimensions éthiques, religieuses et politiques, entre les niveaux individuels et collectifs. A l'opposé de ces tentatives de mondialisation globalisantes, il faudrait au contraire mettre tout en œuvre pour promouvoir l'individu et les communautés locales.
Ramenons la politique à une démocratie de face à face, avec nos voisins et les gens tels qu'ils sont, pas comme on voudrait qu'ils soient !
Les faits ne parlent pas d'eux-mêmes. Les possibles sont très restreints malgré tout et ne dépendent pas de notre bon vouloir. Il ne faut pas trop faire appel au sentiment dans ces affaires, comme n'importe quel dictateur ou démagogue, mais à la raison, et ne pas surestimer une démocratie mal en point, surestimer la possibilité de choisir son destin tout comme de se faire le porte-parole d'une prétendue volonté générale.
L'évolution est toujours une adaptation.
Alors, le travail ?
Il ne s'agit pas de se lancer dans un gigantesque brain storming, internet s'en charge et c'est bien décevant, mais de coller au réel en partant de ce qu'imposent les conditions nouvelles tout autant que les contraintes systémiques ainsi qu'en tenant compte des échecs précédents, qu'on ne peut ignorer, d'étatisation de l'économie ou d'autogestion. Il faut s'en persuader, il n'y a pas tant ce qui est bon et ce qui est mauvais que ce qui marche et ce qui ne marche pas.
Il n'y a pas d'immatériel sans support matériel. Notre société est toujours industrielle, voire hyperindustrielle, de même qu'on peut constater qu'elle est toujours agricole mais il faut prendre en compte la part grandissante de la production immatérielle, qui est un fait massif, et la différence des logiques en jeu (exemple : la valeur immatérielle et publicitaire des marques dépasse largement les coûts matériels des produits, où la conception est plus importante que la production).
Le travail n'est plus un travail de force mais doit devenir un travail choisi, travail autonome, par objectif, et non plus travail subordonné mesuré par le temps ,ce qui n'est viable, qu'à condition de bénéficier d'un revenu garanti comme le proposait Vivant.
Ce qui remplace la force de travail désormais, c'est bien la compétence, la qualification, les connaissances particulières de chacun, sa subjectivité, son affectivité. Non seulement un "savoir-faire" mais un "savoir-être", en tout cas tout ce que les machines ne peuvent pas ( pas encore, dirait Asimov)faire toutes seules.
Il ne s'agit donc pas de supprimer le travail magiquement mais de sortir de la subordination salariale et de la dépendance, changer l'idée du travail nécessaire. Ne pas perdre sa vie à vouloir la gagner.
"La domination sociale ne consiste pas, à son niveau le plus fondamental, en la domination des hommes par d’autres hommes, mais en la domination des hommes par des structures sociales abstraites que les hommes eux-mêmes constituent" (Postone)
Le travail doit produire de la richesse et cette richesse doit nécessairement être convertie en "monnaie". La monnaie comme le langage ou la culture est un élément vital de notre consécration humaine. Ce qu'il importe de reconsidérer, c'est la manière dont on utilise ce vecteur de possibilités d'échanges qu'est l'argent.
Au lieu de vouloir définir nos besoins et restreindre nos libertés, il nous faut conquérir au contraire de nouvelles libertés, voilà de quoi alimenter l'idée du revenu garanti, objet de nombreuses critiques par la plupart des politiciens forts attachés à leurs mandats à hauts revenus.
Le revenu garanti n'est pas destiné à la consommation passive de marchandises mais à donner l'autonomie dans le travail, à donner les moyens à tous d'un travail choisi. Cette mesure dépasse le niveau local et semble encore trop irréaliste bien qu'elle finira par s'imposer, j'en suis persuadé.
Cette idée rencontre des résistances idéologiques et des craintes qui sont du même ordre que celles que pouvait susciter l'abolition de l'esclavage, son financement n'est pas utopique, le revenu étant, en Occident, déjà largement socialisé. Plus fondamentalement, l'enjeu du revenu garanti n'est pas la consommation mais au contraire d'utiliser des ressources inemployées en favorisant le travail autonome. Ce n'est donc pas une charge mais un investissement comme l'éducation et toutes les institutions du développement humain.
Reste que le travail autonome n'est pas à la portée de tous, il n'est pas si naturel que les personnes au dynamisme constant tentent de le faire croire et l'individu n'est pas une entreprise à lui tout seul. Il faut des institutions du travail autonome et du développement humain pour développer et valoriser les compétences de chacun, favoriser les coopérations, connecter l'offre à la demande.
Étant donnée l'inertie naturelle des systèmes politiques et sociaux, la réussite de l'idée travail choisi et revenu garanti ne peut se faire sans une crise de grande ampleur, à n'en pas douter.
(Christian Drèze - mars 2010)







